Brèves matinales

Je ne change pas, je voyage… Je me visite moi-même, comme un pays perpétuellement inconnu… Je découvre les étendues d’eau, calmes, silencieuses et paisibles puis j’apprivoise les eaux tumultueuses… Je navigue sur des étangs salés, puis affronte les tempêtes des océans déchainés… J’ai souvent perdu le nord, sur l’immense carte de ma vie… Mais jamais je n’ai perdu de vue cette lueur d’espoir qui brille constamment quelques soient les tourments…

Brèves matinales

Un jour, un café…

Café matinal qui entrouvre les portes de cette nouvelle journée, avec son lot de belles surprises à la manière d’une tombola.

Les tickets gagnants nous feront sourire, et même parfois danser sur le rythme d’une salsa-bonheur.

Quant aux tickets perdants, nous les laisserons glisser dans la première corbeille venue, ravalant larmes et peines sur le rythme saccadé de notre cœur.

Je vous souhaite de nombreux tickets gagnants. Belle journée à vous qui me lirez, ça va de soit !

Brèves matinales

Prendre le temps de se reprendre, peut-être de renaître…

Elle aurait dû suivre les bons conseils d’Einstein, et ne jamais s’arrêter de pédaler !

Seulement voilà c’était comme si elle avait déraillé et que ses freins l’avaient lâchée en pleine descente ! La chute était inévitable et ce fut brutal ! Mais bizarrement, ce n’était pas la chute qui avait été la plus douloureuse. C’était davantage les nombreuses égratignures fraichement cicatrisées qui ralentissaient maintenant son corps dans tout ce qu’elle entreprenait.

Ce corps qu’elle portait comme un fardeau, qu’elle sentait englué de l’intérieur, et qui ne répondait ni à ses demandes, ni à ses envies. Il se retrouvait aujourd’hui dénué d’énergie, de souplesse et de jeunesse !

« Bienvenue dans le corps d’une ménopausée !! » répétait-elle à qui voulait l’entendre.
Pourtant derrière son regard, reflétait cette délicieuse impression d’avoir encore vingt ans.

Cette traversée dans laquelle sa vertigineuse chute hormonale prenait tous les contrôles, était à son goût, injuste et bien trop longue.
Imaginez rentrer dans un tunnel avec l’énergie d’une marathonienne et en sortir grande championne de tricotin avec en récompense quelques kilos en trop !
La montée sur le podium était aussi réjouissante que la victoire de Trump !

Même s’ils n’étaient pas excessifs, ces kilos l’insupportaient tel ce moustique qui vient vous asticoter les oreilles dès votre lampe de chevet éteinte !

L’acceptation de son corps allait lui prendre du temps, et serait affublé d’un long travail personnel. En attendant elle avait décidé de rejeter en bloc toute possibilité de reprendre une vie amoureuse.
Elle disait qu’elle avait déjà beaucoup de mal à vivre la sienne. L’organisation de son quotidien et de son travail tournait souvent au vinaigre.

Amadouer ses nuits sans sommeil, lui prenait bien trop d’énergie !
La solitude ne l’effrayait pas. Elle trouvait dans cet esseulement, d’immenses moments de bonheur, même s’ils alternaient bien souvent avec de grands moments de tristesse. Mais sa nature globalement disposée au bonheur et à percevoir mille merveilles autour d’elle, lui permettait de trouver le bon dosage d’isolement pour en faire sa potion d’équilibre.

La situation environnante l’avait obligée à poursuivre sa vie différemment. S’adapter étant devenu l’adage du moment, la vie humaine avait été réduite par l’accélération désinvolte de ce virus.

Elle avait décidé maintenant de retenir le temps, de le freiner autant que possible par l’observation de chaque instant, dans les inépuisables détails, sensations, images qui s’offraient à elle…

©Marie CK

Brèves matinales

Pangolin, quand tu nous tiens !

L’espèce animale aurait-elle le pouvoir de vengeance ?
Depuis quelques années, on peut lire ici et là, avec tristesse et impuissance, la longue liste des animaux en voie de disparition.

Rien n’est confirmé ou affirmée, mais ce petit animal au mille écailles, que nous nommerons ici pandémie plutôt que pangolin, a vu sa population s’effondrer et a été classé comme espèce en danger critique d’extinction.

Et pourquoi me direz-vous, cet animal au corps brunâtre et allongé, que l’humoriste Pierre Desproges aimait définir d’artichaut à l’envers est-il le mammifère le plus braconné du monde ?
Pour sa très longue et collante langue de 30 cm ?
Pas du tout !
Parce qu’il pratique la bipédie comme principal mode de locomotion ? (Une occurrence d’ailleurs rare au sein des mammifères). Vous n’y êtes pas du tout !

Et non rien de tout cela ne fait que cet animal n’est prêt à disparaître de notre planète.
Il faut tout d’abord savoir que dans certains pays d’Asie, notre adorable petit pangolin est supposé augmenter la virilité, tel un Viagra naturel, mais rassurez-vous ces effets n’ont jamais été prouvés !
Et dans les pratiques médicales ancestrales asiatiques, les écailles de pangolin ont aussi la réputation d’avoir des vertus curatives.
Voilà comment la chasse aux écailles a débuté il y a fort fort longtemps.
Soyez rassurés, je ne vais pas vous faire tout l’historique sinon vous n’irez pas au bout de mes lignes, mais sachez qu’en 2017, douze petites tonnes d’écailles de pangolin, en provenance d’Afrique, étaient saisies en Chine.
Ce stock représente tout de même les écailles de 20 000 pangolins !
En 2019, la très célèbre et réputée revue au nom sympathique de « Viruses », a publié une étude montrant la présence de nombreux virus, dont des coronavirus, chez des pangolins saisis par les douanes chinoises en mars 2019 !! Et oui, il y a plus de deux an déjà.
Ils seront alors confiés au refuge animalier de Canton, qui accueille des animaux issus du trafic animalier et du braconnage. Fin de l’histoire…

Alors si un jour le lien entre ce minuscule virus et ce cuirassé est avéré, nous pourrons dire que le monde animal est bel est bien plus fort que l’espèce humaine.
Une vengeance dont le plat ne se mangera pas, mais s’attrapera au détour d’une toux, d’une poignée de main, d’une bise, d’une accolade.

Moi qui est vécue presque quarante années à côté d’une centrale nucléaire, imaginant de temps à autre, les pires scénarii de confinement dans un abri nucléaire de fortune, me voilà bien maligne devant cette masse blanche sortant de terre habillées de ces pylônes plutôt envahissants !
Car aujourd’hui, face à ce virus, ce bâtiment me paraît bien inoffensif…

M@rie CK

Brèves matinales

RoboCop

« Maitreessssssse !  J’ai un super pouvoir, à l’école je ne peux pas l’utiliser, mais à la maison, je rentre un code sur mon avant-bras !

A ce moment-là, l’élève s’exécute et tape longuement un code  !

–  Quand j’ai fini de le taper, je commence à me transformer en robot ! Et je reçois une force incroyable. Au début, mes parents ne voulaient pas me croire, mais maintenant ils ont compris et sont très fiers de moi, car je peux les aider à porter des choses lourdes ! Et pour redevenir en garçon, je retape le code ! J’ai eu ce pouvoir durant les dernières vacances !

– C’est vraiment dommage que tu ne puisses pas l’utiliser ici, j’avais justement besoin d’un petit robot pour monter quelques tables en archives !

– Ouais je sais, j’ai déjà essayé (il retape son code sur son avant-bras !), regarde maitresse, ça ne marche pas !! C’est sans doute parce que les autres seraient trop jaloux !

– Oui, ça doit être ça ! Tu as vraiment beaucoup de chance. Bon en attendant, pourrais-tu aller ramasser ton cartable que tu as laissé au milieu de la cour ?

– Maitresse, il ne faut pas le dire aux autres, parce qu’à chaque fois que je me transforme en robot, j’attrape une grande fatigue ! Souvent j’peux pas aider mes frères à débarrasser la table ! Du coup c’est chaque fois c’est la bagarre à la maison, mais je gagne tout l’temps, normal Super Pouvoir !!

– Est-ce que tu penses que tu peux utiliser ton super pouvoir pour aller te ranger maintenant ?
Regarde, tes camarades sont déjà rangés, prêts à rentrer en classe depuis un moment !

Il m’a fait la journée. Au passage, j’en profite pour vous signaler que c’est ce même élève qui avait eu la chance de voyager sur le Titanic ! Je l’adore !

Brèves matinales

Liberté…

Ces premiers jours de mai
nous rappellent avec fracas
la valeur inestimable
de pouvoir vagabonder
excursionner
se louvoyer
flâner librement…

N’oublions jamais cette riche liberté,
posée là, à portée de main.
Mais nous l’avions
effacée de nos mémoires
parce qu’avant cette pandémie,
elle nous était accessible…

Je vous souhaite une journée
reposante, chantante, dansante,
amusante et gourmande…

Brèves matinales

Un jour, un café …

Celui qui annonce l’ouverture de la journée,
réchauffe les mains et parfois le cœur, et
permet de finir les rêves de la nuit.
Celui qui autorise l’envol de nos pensées
en déversant élégamment son odeur subtil.
Il nous fera oublier qu’en ce 1er mai,
la traditionnelle cueillette du muguet sera un brin détrempée…

A vous tous, je souhaite une belle et douce journée.

Brèves matinales

La pomme et l’escargot

Il y avait une pomme
A la cime d’un pommier;
Un grand coup de vent d’automne
La fit tomber sur le pré !

Pomme, pomme,
T’es-tu fait mal ?
J’ai le menton en marmelade
Le nez fendu
Et l’œil poché !

Elle tomba, quel dommage,
Sur un petit escargot
Qui s’en allait au village
Sa demeure sur le dos

Ah ! stupide créature
Gémit l’animal cornu
T’as défoncé ma toiture
Et me voici faible et nu.

Dans la pomme à demi blette
L’escargot, comme un gros ver
Rongea, creusa sa chambrette
Afin d’y passer l’hiver.

Ah ! mange-moi, dit la pomme,
puisque c’est là mon destin;
par testament je te nomme
héritier de mes pépins.

Tu les mettras dans la terre
Vers le mois de février,
Il en sortira, j’espère,
De jolis petits pommiers.

Charles VILDRAC

Brèves matinales

Le temps d’un café…

Puisque le café matinal se met en route
Sur un chemin bien escarpé
En semi liberté
Nous continuons nos activités.
En toute impudicité,
Nous livrons nos journées
A travers ces écrans barricadés.
En toute impunité,
Nous imprimons nos laissez-passer
Et bravons le pavé
Pour se ravitailler.
Saurons-nous faire perdurer
Cette digne et munificente solidarité,
Ce fil rouge qui nous a accompagnés
Durant cette pandémie déchaînée ?

Que votre journée
Soit colorée et ensoleillée…

Brèves matinales

Un jour, un café…

Si ce n’est au saut du lit,
mais dans les heures qui suivent,
mes pas me guideront inconsciemment
vers cet or noir matinal.
Non pas par dépendance,
mais pour le parfum qui s’en échappera
dès les premières gouttes filtrées.
Non pas par habitude,
mais pour le plaisir à préparer la table,
enlacée par cette essence caféinée.
Non pas par attachement,
mais pour cette première gorgée
dont la chaleur et la saveur
s’invitent aux premières loges.
Non pas par allégeance,
mais parce que mes pensées,
durant ce court instant,
naviguent sur les hauts sommets de l’évasion.

Je vous souhaite de faire de votre indispensable café du matin,
une belle pause-café accompagnée de sa douce journée.

Brèves matinales

Nulle part…

Au pays de Nulle part
On n’y trouve rien
Surtout pas l’essentiel

Au pays de Nulle part
Rien n’est important
Le temps n’ose s’y installer

Au pays de Nulle part
On ne se perd jamais
Puisqu’on ne sait pas où l’on va

Au pays de Nulle part
Les idées sont désarmées
Puis broyées en noir

Au pays de Nulle part
Vit pourtant un peuple apeuré
De ne retrouver son chemin

Brèves matinales

Lettres échouées

La vie la tirait par la main, et l’emmenait valser dans ses journées. Elle ne maîtrisait plus rien. Quelques moments par ci par là. Tant de libertés leurs avaient été ôtées depuis un an qu’il est difficile de dessiner l’esquisse d’un demain. Cette lourde sensation de subir les journées, dictées par ces protocoles sanitaires qui s’entassaient les uns sur les autres. Rajoutant à chaque fois une privation de liberté. Sauf celle d’aller travailler. C’était même devenu un immense privilège car tant d’autres s’étaient vus supprimer ce droit par leur métier décrété du jour au lendemain non-essentiel parce que jugé trop contagieux !

Alors les voilà tous condamner à rester cloisonnés dans leurs vies, parfois dans leurs habitations qui étaient devenues ces nouveaux lieux de télétravail, de replis, d’inquiétude et parfois de solitude…

Des sorties à peine tolérées, quelques balades autorisées mais en comité restreint et toujours dans ce rayon élastique.

Longtemps, ils avaient goûté au très célèbre « un » kilomètre, puis pour les fêtes de Noël, ils eurent droit au vingt. Et maintenant ils découvraient le dix !

Malgré tout, celui-là semblait rétrécie au fil des jours de pluie.

Tout le reste n’existait plus.

Il fallait avoir une grande imagination et une observation fine pour trouver le bonheur dans ces mille petites choses qui les entouraient…

Cette vie parenthèse dans laquelle ils espéraient tous trouver l’équilibre parfait sans savoir qu’ils dansaient sur les plateaux d’une balance.

Brèves matinales

Lettres échouées

Ce qui comptait dans leur histoire ce n’était pas la fin mais la suite.
Car il fallait être fou et fort pour vivre une belle histoire dans ce contexte anxiogène. Puisque inlassablement ils n’avaient plus le droit de se voir.
Être séparés par quelques kilomètres hors de ce rayon autorisé, avait mis des limites trop restrictives dans leur relation.

Elle et son besoin accrue d’être trop rassurée.
Lui et son immense besoin de tendresse.
Eux, amputés de leur propre histoire d’amour.

Alors la fin ayant été écrite, il fallait envisager l’après, la suite, la reconstruction.
Car la période qu’ils vivaient été nauséabonde.
Confinés, enfermés dans leur vie qui s’amenuisait chaque jour davantage.
A chaque liberté perdue, c’était une privation sanction qui rongeait les états mentaux et psychologiques de la population. Un désert culturel avait envahi la planète. Inanimée était devenue la vie des gens. Tout le monde avait été plongé dans un état comateux, branché à des ordinateurs pour travailler et se souvenir de la vie d’avant. C’était maintenant la seule et unique solution pour tisser ce lien avec son entourage : les réseaux sociaux, les visioconférences, et autres engins connectés !

Bien difficile d’être une histoire d’amour durant cette pandémie …

Brèves matinales

Café de Pâques

Il sera onctueux et sentira bon le chocolat.
Et le ciel, ensoleillé à souhait, chassera nos maussades idées.
La chasse aux œufs n’aura pas lieu car les poules sont confinées
pour un temps indéterminés !

Joyeuses fêtes de Pâques !
Faute de grande attablée,
du temps nous est offert.
Ne soyez pas en colère
mais sachez plutôt le rendre épistolaire,
culinaire,
crépusculaire,
imaginaire,
légendaire,
solidaire et prioritaire…

Bises chocolatées