Brèves matinales

Lettres échouées

Ce qui comptait dans leur histoire ce n’était pas la fin mais la suite.
Car il fallait être fou et fort pour vivre une belle histoire dans ce contexte anxiogène. Puisque inlassablement ils n’avaient plus le droit de se voir.
Être séparés par quelques kilomètres hors de ce rayon autorisé, avait mis des limites trop restrictives dans leur relation.

Elle et son besoin accrue d’être trop rassurée.
Lui et son immense besoin de tendresse.
Eux, amputés de leur propre histoire d’amour.

Alors la fin ayant été écrite, il fallait envisager l’après, la suite, la reconstruction.
Car la période qu’ils vivaient été nauséabonde.
Confinés, enfermés dans leur vie qui s’amenuisait chaque jour davantage.
A chaque liberté perdue, c’était une privation sanction qui rongeait les états mentaux et psychologiques de la population. Un désert culturel avait envahi la planète. Inanimée était devenue la vie des gens. Tout le monde avait été plongé dans un état comateux, branché à des ordinateurs pour travailler et se souvenir de la vie d’avant. C’était maintenant la seule et unique solution pour tisser ce lien avec son entourage : les réseaux sociaux, les visioconférences, et autres engins connectés !

Bien difficile d’être une histoire d’amour durant cette pandémie …