Brèves matinales

Pangolin, quand tu nous tiens !

L’espèce animale aurait-elle le pouvoir de vengeance ?
Depuis quelques années, on peut lire ici et là, avec tristesse et impuissance, la longue liste des animaux en voie de disparition.

Rien n’est confirmé ou affirmée, mais ce petit animal au mille écailles, que nous nommerons ici pandémie plutôt que pangolin, a vu sa population s’effondrer et a été classé comme espèce en danger critique d’extinction.

Et pourquoi me direz-vous, cet animal au corps brunâtre et allongé, que l’humoriste Pierre Desproges aimait définir d’artichaut à l’envers est-il le mammifère le plus braconné du monde ?
Pour sa très longue et collante langue de 30 cm ?
Pas du tout !
Parce qu’il pratique la bipédie comme principal mode de locomotion ? (Une occurrence d’ailleurs rare au sein des mammifères). Vous n’y êtes pas du tout !

Et non rien de tout cela ne fait que cet animal n’est prêt à disparaître de notre planète.
Il faut tout d’abord savoir que dans certains pays d’Asie, notre adorable petit pangolin est supposé augmenter la virilité, tel un Viagra naturel, mais rassurez-vous ces effets n’ont jamais été prouvés !
Et dans les pratiques médicales ancestrales asiatiques, les écailles de pangolin ont aussi la réputation d’avoir des vertus curatives.
Voilà comment la chasse aux écailles a débuté il y a fort fort longtemps.
Soyez rassurés, je ne vais pas vous faire tout l’historique sinon vous n’irez pas au bout de mes lignes, mais sachez qu’en 2017, douze petites tonnes d’écailles de pangolin, en provenance d’Afrique, étaient saisies en Chine.
Ce stock représente tout de même les écailles de 20 000 pangolins !
En 2019, la très célèbre et réputée revue au nom sympathique de « Viruses », a publié une étude montrant la présence de nombreux virus, dont des coronavirus, chez des pangolins saisis par les douanes chinoises en mars 2019 !! Et oui, il y a plus de deux an déjà.
Ils seront alors confiés au refuge animalier de Canton, qui accueille des animaux issus du trafic animalier et du braconnage. Fin de l’histoire…

Alors si un jour le lien entre ce minuscule virus et ce cuirassé est avéré, nous pourrons dire que le monde animal est bel est bien plus fort que l’espèce humaine.
Une vengeance dont le plat ne se mangera pas, mais s’attrapera au détour d’une toux, d’une poignée de main, d’une bise, d’une accolade.

Moi qui est vécue presque quarante années à côté d’une centrale nucléaire, imaginant de temps à autre, les pires scénarii de confinement dans un abri nucléaire de fortune, me voilà bien maligne devant cette masse blanche sortant de terre habillées de ces pylônes plutôt envahissants !
Car aujourd’hui, face à ce virus, ce bâtiment me paraît bien inoffensif…

M@rie CK